Jeanne Susplugas

Note d'intention

En 2007, lors d’un séjour à New York, j’ai débuté une série de dessins intitulée Containers.

Aux États-Unis, les pharmacies délivrent le nombre exact de comprimés requis pour la durée du traitement du patient. Les médicaments sont mis dans des flacons et autres réceptacles appelés « containers ». Sur ceux-ci sont inscrits un certain nombre d’informations : nom du médecin, du patient, du médicament…

Dans la série, les noms des médicaments sont remplacés par des mots qui, une fois assemblés, forment des phrases. Celles-ci sont issues d’une collecte que je réalise depuis plus de dix ans au fil de mes lectures. Des phrases s’inscrivant dans mes thématiques, des phrases drôles, grinçantes voire absurdes. Comme c’est le cas dans « Le soir, tu rentres chez toi, tu lexomiles et ne rêves plus » où le Lexomil de Frédéric Beigbeder devient verbe, comme un témoignage, une preuve, de la place que les anxiolytiques prennent dans notre société en surconsommation.

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Si aujourd’hui je souhaite m’émanciper du dessin pour la sculpture, c’est que l’exploration de différents médiums fait intrinsèquement partie de ma démarche artistique. C’est le propos qui m’intéresse et l’expérimentation vient le renforcer.

Grâce à la céramique, je souhaite radicaliser ce corpus de travaux en allant vers une structure minimale tant dans la forme que dans la couleur.

De plus, et c’est un aspect important et récurent de mon travail, une pièce n’est jamais vraiment terminée. Une phrase écrite par un écrivain spécialement pour moi (L’aspirine c’est le champagne du matin, Marie Darrieussecq), devient pièce sonore, performance, fil de lumière, dessin…

Ma série Containers continue sa vie en sortant du papier pour exister différemment dans l’espace. Ce processus est fondamental pour moi.

Quelques phrases issues de ma « collection » :
J’avale un Ambien pour pouvoir m’endormir puisqu’il n’y a pas assez de vodka. (Bret Easton Ellis)
Il dînait au Bromo-Selzer et à l'aspirine, le salon était un tombeau. (James Ellroy)

On peut nettoyer sa cuisine,
Dormir à la Mépronizine,
La nuit n’est jamais assez noire
Pour en finir avec l’histoire.
(Michel Houellebecq)

Jeanne Susplugas, septembre 2012

La résidence

Moulage des Containers, et tirage d'exemplaires en faïence blanche.

Un document de travail est mis en ligne ce jour, le 2 février 2013, intitulé Temps02. Après avoir ouvert l'article, penser à cliquer sur l'image pour visionner le diaporama dans des conditions optimales.

La résidence (fin)

Choix du traitement de surface, et choix des matières pour les écritures.


Enfin, travail sur le visuel de la carte postale.

 

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