Elodie Wysocki

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La résidence

1ere session : du 11 au 21 juin 2016

               

Modelage, technique dite "des profils", à partir de photographies, pour un autoportrait. Fabrication de trois bustes dont un sera moulé, et les deux autres évidés et promis à la prochaine cuisson céramique. Moulage en deux parties + moulage d'un masque et de plusieurs éléments capillaires et de barbes.

La résidence2
10 jours/240 heures/14 400 minutes/ 864000 secondes
Texte de Elodie Wysocki, au dernier jour de résidence.

10 jours/240 heures/14 400 minutes/ 864 000 secondes, c'est le temps dont je dispose.

Un temps de résidence et de production à optimiser et surtout à rentabiliser.

Après quelques heures de sommeil et un trajet en train un peu longuet, -j'ai eu le plaisir de voyager avec l'équipe de handball féminine de Cambrai, équipe très très en forme dès 5h du matin-, me voilà à Congénies dans l'atelier de Maurin et La Spesa. Un café partagé et je suis face à une motte de terre. En apparence, elle semblait plutôt docile, assez charmante même, bien que molle et largement gluante.  Après quelques explications des techniques de taille et de découpe, le but fut annoncé : donner à l'informe motte les traits de mon propre visage. Mais la garce se rebella. La motte, après une journée de travail soit pas loin de 8h, demeura motte sans grâce. Le manque de sommeil fut mon joker. Merci chères Handballeuses. Deuxième jour, deuxième motte. Un peu mieux. Jour suivant, retour à la première, la motte prend forme mais reste mal formée. Encore un jour, on échange, on reprend, on ajuste. Les traits changent, s'arrangent, disparaissent, reviennent, s'échappent. On travaille à quatre mains dans cette terre qui devient palimpseste, La Spesa coupe, tourne, découpe vite et découvre yeux, nez, lèvres. Je m'applique et tente de suivre. Encore un jour, on reprend, encore, on ajuste, encore mais le temps semble fuir. Et puis finalement, au cinquième jour la voilà, la jolie, la mignonne, la belle, la bien faite. Le temps est finalement rentabilisé !!!!  Me voila rassurée... Mais la belle n'est pas la finalité de ce temps. Sous les gestes agiles de La Spesa et de Maurin, la voila empalée, découpée, lacérée pour être ensevelie sous des litres de plâtre. La belle en ressortira, mais devenue impure, abîmée, imparfaite, elle échouera finalement, au 8ème jour, dans le seau à gravats.

10 jours, 240 heures, 14 400 minutes et 864000 secondes plus tard, je repars, la valise pleine de tee-shirts mouchetés et les mains sèches.  Et je laisse, couché sur le sol de l'atelier, un parallélépipède de plâtre blanc, ficelé de cordes bleues, pas très grand, pas vraiment imposant et sans vraiment de particularité. Autours de lui, d'autres plus petits sèchent aussi tranquillement, les faces exposées au soleil. A l’intérieur, les vides se figent doucement, enfermant durablement les traces de ce qui a été fait et détruit.  Et demain, une collection, une armée, une colonie. Des guerrières, parce qu'il faut l'être, des sauvageonnes savamment coiffées et parées, des cheveux à la barbe, viendront.

Mon temps est assuré.

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Un temps parallèle où le travail continu : voir ici !

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