Annlor Codina

Swing, proposition 01

Je compose généralement des systèmes où ordre et aléatoire cohabitent afin d’observer les différentes formes, les dialogues, les imbrications générés par cette collision.

Lorsque artelineha m’a demandé de proposer un projet en vue d’une résidence de production, des rassemblements arabes et européens boursouflaient le cours des choses, ébranlaient les certitudes, les pouvoirs en place. Sur internet de nombreuses images donnent à voir cet état de tension. Un élément récurrent apparait alors pour tenter de résorber le phénomène : la matraque.

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Pour la résidence j’ai choisi de manipuler cet accessoire, qui maintient l’ordre et provoque le désordre. Je me suis plongée dans le champ lexical de la sculpture et plus particulièrement dans celui de la colonne. Sa composition : base, fût, chapiteau ; rappelant celle de la matraque : poignée, tube, boule. Pour ce projet, les connaissances de Maurin et La Spesa, en matière d’élévation de colonnes et leur pratique spécifique de l’argile dite « dans la masse », un corps à corps avec la matière à coups de marteau et de couteau, s’avèrent prometteuses.

Donc, comme point de départ : cet objet offensif ou défensif. Il s’agira de l’agrandir, le déformer en pervertissant ses proportions, puis le segmenter en quatre modules afin de proposer une sculpture aux agencements divers voire ludiques.

Une sculpture modulable, une gamme de dispositions possibles. Déranger, jouer, favoriser l’accident, dégringoler. Déployer ces éléments dans l’espace d’exposition ou les empiler tel un jeu de massacre, cette réjouissance populaire, ce jeu de la violence qui combine adresse et brutalité, règlement et défoulement.

De l’objet déstructuré, recomposé à l’empilement précaire, les mêmes préoccupations sont à l’œuvre : de quelle manière la sculpture occupe-t-elle l’espace ? Comment peut-elle s’étendre au-delà de ses dimensions physiques ? Comment insuffler du mouvement, du « non-définitif », dans un objet fixe et rigide.

Peut-on sortir de la représentation de l’objet et aborder d’autres territoires, par exemple retourner l’arme contre ses symboles même, sa dimension, son matériau, son démembrement, etc.

Utiliser le ludique contre l’agression.

Swing, proposition 01, Annlor Codina

Édition d’une carte postale : Swing, travail en cours, 2011 : artelinea_annlor_10x15_350g_recto
En savoir plus Annlor Codina, archives :
http://artelineha.wordpress.com/2010/09/11/before-larriere-du-garage/
http://artelineha.wordpress.com/2010/09/12/annlor-codina/

Exposition de fin de résidence

Visites d’atelier en présence des artistes les vendredi 16 et samedi 17 septembre 2011 de 15 à 20 h/Parignargues – Gard – Lieu dit Saint-Pierre de Vacquière.

Véronique Thuillier, Delphine Gigoux-Martin et Annlor Codina ont donc arpenté le sol de ce nouvel atelier à la campagne. Elles ont toutes les trois goûté aux joies de la fraîche magnanerie en pierre, le lourd portail qui grince, la courette et son mûrier, les odeurs de parc arboré qui vous accueillent dès l’arrivée au matin.

Toutes trois ont testé aussi la parfois cruelle initiation à la technique céramique de La Spesa, une pratique basée sur la découpe des profils de volumes dans leur « masse », trop long à vous expliquer ici ! Toutes trois ont accepté d’adapter leurs intentions en fonction de la matière pas si facile… au final ! (...)

Voir les visites d'atelier de septembre 2011 dans Les afters

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